- Quand on se suffit à soi-même, on arrive à posséder ce bien inestimable qu’est la liberté. (Epicure)


- Tout plaisir est, par sa nature même, un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ; Pareillement toute douleur est un mal, mais toute douleur ne dois pas être évitée à tout prix. (Epicure)

mercredi 24 mars 2010

10 km de Roanne

Je me suis aligné sur la ligne de départ sans grande prétention, juste pour faire une séance de vitesse et voir mon niveau sur cette distance.

Je pensais être complètement à la rue avec 3 mois où les nuits sont entrecoupées, un manque de sommeil énorme et un entrainement typé trail où les séances de fractionné ne sont pas légion.

A ma grande surprise, je termine ces 10 km en 34 min 47 s, proche de mon record. Mais cette fois, j’ai terminé en meilleur forme où je me suis payé le luxe d’accélérer comme une brute sur la fin alors que d’habitude je termine en limitant la casse. Pour preuve, j’ai été très régulier avec un passage au 5e kilomètre en 17 min 22 s et les 5 derniers kilomètres en 17 min 25 s.



L’entrainement de Rodolphe marche bien, avec moins de kilomètres au compteur par rapport à l’an dernier, j’ai le même niveau. Ce sont ces entrainements sur microcircuit qui ont l’air de bien fonctionner sur moi. Ce sont des séances de plusieurs séries de 6 à 12 min au seuil sur un circuit d’1,2 km avec 50 m D+, cette boucle est composée d’une montée sur 500 m, une descente sur 300 m et d’un plat sur 400 m de long et le but est de garder la même fréquence cardiaque sur chaque portion pendant la durée de la série. Je peux vous dire qu’il faut envoyer sec dans la descente pour garder la même fréquence cardiaque que la montée mais depuis que je fais ces séances, je suis plus à l’aise dans les montées et je descends comme un chamois, les cuisses résistent mieux qu’avant.

jeudi 18 mars 2010

10 km de Roanne

Samedi, je vais courir les 10 km de Roanne.
Ce n’est pas un objectif mais plutôt une séance de vitesse que j’incère dans mon plan d’entrainement. Avec la densité de bon coureur sur ce 10 km, ça sera une bonne séance pour récupérer un peu de vitesse. Cet hiver, je n’en ai pas fais beaucoup, j’ai plutôt travaillé les montées et les descentes techniques et beaucoup couru au seuil.
Normalement je vise les 36 min.

Départ de la course à 17 h, pour plus de renseignement sur cette course, voir le lien ci après :
http://caroannais.athle.com/asp.net/espaces.html/html.aspx?id=5664

Que la montagne est belle…

Je suis toujours émerveillé devant un tel spectacle, je pourrais rester des heures à contempler ces montagnes. C’est encore plus magique lorsque seules des aiguilles et des dômes dépassent au dessus d’une mer de nuage.




Léo est encore trop petit pour admirer ce genre de spectacle, mais il a commencé à apprécier les joies de l’altitude et de l’ambiance montagnarde dans les rues de Chamonix avec sa maman.


Pour le ski avec Léo, nous attendrons encore quelques années. Par contre à l’autre bout de l’échelle des âges, j’ai skié avec un ami de 83 ans, oui oui vous avez bien vue. Direction les Grands Montets pour dévaler en hors piste des centaines de mètres de dénivelés et après 4 h de ski, pas un brin de fatigue. C’est vrai qu’il fait tout pour garder la forme mais quand même c’est impressionnant.
Encore des vacances passées trop vite !

mardi 9 mars 2010

Trail du Vulcain

Cet hiver, on est gâté au niveau météo, toujours de la neige et encore de la neige ! Je pensais que c’était terminé, le printemps étant bientôt là.

Vlan, voila un nouvel épisode neigeux pile poil le weekend du Vulcain. Des températures polaires, des giboulées de neige et un vent du nord qui vous transperce le corps tel des petites aiguilles.

J’étais frigorifié mais ce n’était rien comparé à mes 2 accompagnants (mon Papa et Elodie) qui m’attendaient aux ravitaillements, ils étaient complètements gelés. Encore un grand merci pour votre patience dans ce froid polaire.

Cette année, la montée du Puy de Dôme a été annulé pour la sécurité des coureurs, déjà qu’au pied du puy il faisait -12°C alors là-haut il devait y faire -18°C.


La course s’est super bien déroulée, je suis parti un peu en dedans car j’étais dans l’incertitude au niveau physique après un entrainement plus léger que l’an dernier et des nuits trop courtes. A ma grande surprise, je suis en pleine forme, j’ai la caisse pour finir à fond les 10 derniers kilomètres. Sur la 2e moitiés du parcours, je double 5 personnes et j’ai l’impression de voler, aucune douleur dans les cuisses. Le seul souci s’était pour s’alimenter avec la poche à eau, le tuyau était tout le temps gelé et il fallait souffler dessus et aspirer les glaçons pour pouvoir boire, j’aurais du partir avec des gourdes, je n’aurais pas eu ce souci de tuyau.

Sinon, sur cette course, j’ai testé plein de choses. Déjà au niveau alimentaire avec une préparation avant la course et une gestion alimentaire pendant la course tip top, je pense que j’ai enfin trouvé mon équilibre car c’était mon gros point noir sur les courses avec de gros problèmes gastriques ou alors l’inverse pas assez alimenté et presque en hypoglycémie.

Et j’ai aussi testé les manchons de compression COMPRESSPORT pour les mollets et les cuisses

Alors là, c’est royal surtout pour les cuisses qui sont maintenues fermement dans les descentes et limite les microlésions des muscles. Je finis la course sans aucune douleur, encore aujourd’hui, je n’ai que de légères courbatures.


Prochain objectif : Trail de la côte roannaise où là je vais lâcher les chevaux maintenant que j’ai vu que je n’ai pas trop perdu au niveau endurance et j’espère qu’il fera un peu meilleur.


Pour voir les photos de la course : http://gerente.mt.perso.neuf.fr/gallery/vulcain2010/

Pour voir les résultats : http://acfa.free.fr/traildevulcain/2010/Resultats/classgrand.html

Je termine 10e en 5 h 17 pour 56 km et 2000 m D+


Maintenant place à la récup à Chamonix pour quelques jours de ski !

samedi 30 janvier 2010

Année 2010

Déjà 2 mois depuis le dernier message, je n’ai pas vu passer le temps ! Tout ça c’est grâce à notre petit Léo qui est venu le 15 décembre mettre de l’ambiance dans notre vie. Depuis, la maman s’est remise de l’accouchement mais c’était du sport (à coté, courir 160 km parait être une partie de plaisir !). Maintenant, nous goûtons à la joie d’être parent même si parfois ce n’est pas toujours facile de le décrypter. Je pense que le plus dur avec un jeune bébé, c’est le manque de sommeil, en plus, on a tiré le gros lot, c’est un petit dormeur !


Cette année, j’ai décidé de réduire mon entrainement pour profiter de mon petit Léo et puis après 2 années à plus de 4500 km/an je ressentais une grosse fatigue avec des douleurs gênantes pour profiter pleinement de la course.


Depuis 5 semaines, je tourne avec des semaines bien moins remplies qu’au par avant, en moyenne elles ne font qu’entre 70 et 85 km. Mais de bien meilleur qualité que l’an dernier, je découvre une nouvelle forme d’entrainement grâce à Rodolphe Bier qui me fait mes plans d’entrainement.


Malgré la fatigue, j’encaisse bien les entrainements et me rassure sur le fait que je puisse m’aligner sur des ultras. Du coup j’ai résigné pour l’UTMB pour prendre ma revanche et pouvoir profiter de la fin du parcours. Le reste de l’année, je vais refaire les mêmes courses qu’en 2009 avec un changement en juin, au lieu de faire les 24 h de roche, je ferais les 42 km des Salles dans la Loire.


Voila mon planning 2010, toujours autan de courses dans l’année mais avec un peu moins de kilomètre en entrainement.

lundi 23 novembre 2009

C’est la forme !

En 10 jours, je viens de m’enquiller le semi-marathon de Bonson et le Raid le Puy Firminy et les bonnes sensations étaient au rendez vous.
J’ai fais le semi en 1 h 17 min 32 s soit le quasi même temps que l’an dernier (1 h 16 min 58 s) à la différence que cette année, j’ai pris le temps de bien me reposer pour réparer tous mes bobos. Je l’ai fais à 100 % de mes capacités pour voir où j’en étais physiquement, et à ma grande surprise ça s’est bien passé à part sur les 2 derniers kilomètres où je n’ai pas pu accélérer pour suivre le groupe avec qui j’étais tous le long du parcours. Pourtant quand je regarde ma courbe cardiaque, je dois me « dieliser » à force de préparer des longues distances car je n’ai pas dépassé les 170 puls/min, et pourtant en course j’avais l’impression d’être bien plus haut. Il va falloir que je fasse une grosse cure de fractionnés pour refaire grimper le cardio.

Comme j’avais la forme et de nouveau l’envie de recourir du long, je me suis inscris sur le Raid le Puy Firminy. C’est vrai que ce n’est pas très judicieux de courir un 70 bornes après un semi couru à 100 % mais j’y allé plutôt pour le plaisir de courir et faire une sortie longue.
Je voyais cette course plutôt facile du style Roanne Thiers avec très peu de dénivelés, j’ai été agréablement surpris de la difficulté de cette course. Il faut relativiser aussi ce n’est pas une course dans les Alpes mais la Haute Loire est toute bosselée avec ces Sucs, ces hauts plateaux et ces gorges, du coup à la fin de ces 70 kilomètres on a quand même fait 1900 m de D+.
Vous l’aurez compris, c’était une succession de montée et de descente bien casse patte surtout sur la fin mais récompensé par un ravitaillement aux crêpes au Nutella (ça vaut tous les gels énergétiques ! mais difficilement transportable). Avec le coureurs avec qui j’ai terminé, on devait trouver que 70 kilomètres, ce n’était pas assez long, on s’est perdu pour rajouter 1 km de plus, on aime bien ! Pourtant c’était bien balisé. On finit ces 71 kilomètres en 7 h 07 min 10e ex-æquo.

Ce matin, j’ai quelques courbatures mais rien de bien folichon. Enfin ! j’ai pleinement récupéré de l’UTMB et plus en forme que jamais, j’attends 2010 de pied ferme et me remettre à m’entrainer sérieusement.

mardi 3 novembre 2009

Reprise

Salut,

Je sors de mon silence après 2 mois d’absence !
Je ne voulais pas répéter les mêmes erreurs que l’an dernier après le Grand Raid des Pyrénées. Cette fois j’ai bien pris le temps de digérer cet UTMB, j’en avais besoins car c’est la 1ere fois qu’une course me met K.O. à ce point.

Mon programme depuis l’UTMB c’est déroulé de la façon suivante :
1er au 15 septembre : coupure totale de course à pied et de sport en général. Pendant c’est 15 jours, je n’ai fais que dormir et manger comme un ogre, je n’étais jamais rassasié.
Du 15 septembre au 1er octobre : Reprise du sport avec un peu de musculation pour reconstituer du muscle (Abdos, pompes, tractions et squats) et 2 à 3 footings (45 min) par semaine pour prendre l’air. Les genoux étaient encore bien douloureux mais supportable. Par contre dépasser 1 h de course, j’étais complètement épuisé, l’impression d’avoir couru 4 h.

Pendant ce mois de septembre très tranquille, c’est toujours la période où je fais le bilan et l’analyse de l’année. Je regarde les points positifs et négatifs de mon entrainement et me remet toujours en question, surtout cette année avec un très bon début (Trail du Vulcain, 10 km de Roanne, Trail de la Côte Roannaise et Coursières des Hauts Lyonnais). Puis la machine c’est enrayée avec plusieurs blessures (douleur aux talons) et une baisse de motivation (abandon au 24 h de Roche la Molière) signe flagrant d’un surentrainement et d’un épuisement. Quand je regarde mes semaines d’entrainement, je fais souvent les mêmes et parfois très chargées sans période de réel repos, ce qui explique mon épuisement extrême à l’UTMB, chose que je n’avais jamais connu au par avant.

Depuis presque 6 ans que je cours, je n’ai jamais structuré mes entrainements, je courais beaucoup au feeling. Pour l’année 2010, ça va changer !

En effet, j’ai pris les services d’un entraineur personnalisé (Rodolphe BIER) qui me suivra tout au long de l’année, en adaptant mon entrainement suivant mon état de forme et de mes objectifs. Comme cette fin d’année il y a un heureux événement qui arrive dans notre vie, j’ai besoin d’optimiser mon entrainement pour concilier les deux.
Pour l’instant, je ne regrette pas du tout mon choix, le courant passe super bien entre nous et c’est une autre façon de s’entrainer, bien différente de la mienne qui avait tendance à courir à la même allure sur mes sorties longues alors que là dans une sortie d’1 h45 il va me placer 2 fois 3000 m à 3 min 32 s au km. Je peux vous dire que ça dépouille bien à la fin des séances mais c’est tellement amusant que ça me remotive à bloc. Je pense voir les résultats de mon entrainement vers le mois de mars lorsque je recommencerais sérieusement à recourir.

Là pour l’instant, je prépare le semi marathon de Bonson (11 novembre) et j’enchaine pour le plaisir par le Puy Firminy une course nocturne de 70 km (22 novembre).

Décembre, je reste tranquille pour être au coté de ma Chérie qui va accomplir son Ultra à elle que nous les hommes ne pourront jamais connaître !!!

mardi 8 septembre 2009

UTMB 2009 dans la douleur

UTMB, ces 4 lettres ne veulent rien dire pour la plupart des gens par contre pour une poignée de coureur d’ultra, c’est un mythe. Réaliser le tour du Mont Blanc en une seule étape, traverser 3 pays sur une distance de 166 km, gravir 10 col pour atteindre 9500 m de D+ cumulé, voila ce qui nous fait rêver.

Ce rêve, ça fait 5 ans qu’il germe au fond de moi et autant vous dire qu’à 1 semaine avant le départ, la pression est à son maximum. Ce n’est pourtant qu’une course, mais je l’attends tellement que j’ai à cœur que tout ce passe bien et pour ça il faut que je dorme beaucoup la dernière semaine pour arriver le jour de la course sans déficit de sommeil. A force de me mettre la pression sur mon sommeil, je produis l’effet inverse et je passe plutôt des nuits agitées à vouloir absolument dormir.

Le jour du départ arrive enfin, tout comme mes Parents. Cette fois Elodie ne sera plus toute seule mais sera accompagnée de mes Parents pour me suivre sur le parcours. Dans l’après midi, j’essaye de faire une sieste mais le seul qui arrive à dormir sur les 4, c’est mon père, il faut dire qu’il a de l’entrainement, c’est un ultra-dormeur, il peut dormir sur commande. J’en aurais bien besoin de sa capacité à s’endormir aussi facilement mais à 4 h du départ, je suis une vraie pile électrique.






A 1 heure du départ, l’ambiance est énorme sur la place de l’église. Ca parle toutes les langues, c’est impressionnant de voir tous ces gens d’horizon différent.
C’est drôle, on attend se moment depuis longtemps mais on tarde toujours à aller dans le sas de départ. Je ne fais pas le fier, je suis au milieu de coureurs bien affutés, devant il y a tous les champion internationaux du milieu de l’ultra trail, je ne les citerais pas car il y en a une bonne cinquantaine. Un court instant, j’ai l’impression de ne pas être à ma place et puis quand vient la musique de Vangelis, je me rends compte que cette fois je ne suis pas dans un rêve je suis au départ de l’UTMB.








5,4,3,2,1…..Le départ est donné, les fauves sont lâchés dans la nature. Certains termineront plus rapidement que d’autre mais l’objectif de la plupart, c’est de terminer. La phrase de Peter BLAKE « Si tu donnes le meilleur de toi-même, tu pourras gagner sans être forcément le premier » reflète bien mon état d’esprit. La traversée de Chamonix se fait dans une ambiance que j’ai rarement connu sur une course, je profite de tous ces instants tant que tout va bien. Devant c’est parti très vite, j’essaye de me maintenir dans mon tempo pour ne pas exploser avant la fin où alors le plus tard possible.

Le début est très roulant jusqu’au Houches (km 8) puis vient le 1er col qui permet d’étirer le peloton. Ce n’est qu’aux 10e kilomètres que mon esprit se libère, le stress du départ est enfin redescendu, je profite enfin de la course. Au col de Voze (km 15), la vue est magnifique sur les glaciers et le dôme du Goûté qui se coloris de rose avec le couché du soleil. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles, je n’échangerais ma place pour rien au monde.

La descente sur St Gervais se fait sur la retenue pour ne pas griller trop tôt mon capital cuisse. C’est vraiment frustrant de devoir se retenir alors qu’on a qu’une envie c’est de dévaler cette pente à toute allure. Plus la nuit approche, plus les nuages s’amoncelles sur les sommets, je commence à craindre une nuit très froide sur les hauteurs.

A St Gervais (km 21), le ravitaillement ressemble plus à un énorme buffet, je ne sais plus où donner de la tête et finalement j’opte pour du salé. Dans le village, j’en profite pour saluer mes Parents et embrasser ma Puce.
Ca y est la nuit est tombée, les frontales sont vissées sur la tête et notre regard se portera plus que sur nos pieds pour une dizaine d’heures. Le sentier qui longe la rivière jusqu’au Contamine est une succession de petites bosses, je double du monde qui commence déjà à être dans le rouge (au km 30 ce n’est pas réjouissant). De mon coté, je suis vraiment bien, ni trop chaud ni trop froid, j’ai toujours gardé mon t-shirt manche courte et mon cuissard.
Ce n’est qu’au ravitaillement des Contamines (km 31) que je me changerai en habit de nuit. J’arrive sur les lieux où m’attend Elodie, elle a tout préparé c’est presque trop facile de courir ! Je me change, je passe un t-shirt manche longue et un collant. J’espère que là haut à 2500 m d’altitude, il n’y fait pas trop froid. C’était l’équipement que j’avais mis au Grand Raid des Pyrénées et ça s’était bien passé.

Le passage à Notre Dame de la Gorge (km 35) est grandiose, une file ininterrompu de spectateurs portent un flambeau sur le bord du chemin qui monte sur le col du Bonhomme, ce passage restera gravé dans ma mémoire pour un moment. On rentre dans le vif du sujet, ce col fait parti des gros calibres avec une montée de 1200 m de D+ et une arrivée vers les 2500m, là où on commence à avoir les poumons qui chatouillent.
J’avale gloutonnement tout ce qui me passe sous la main sur le ravitaillement de la Balme (km 39). Les bénévoles sont emmitouflés dans leur grosse parka quand nous nous courons en t-shirt, je n’avais pas réalisé le froid qu’il faisait et j’ai pris la décision de continuer comme ça. Je le payerai cash au petit matin mais à ce moment là ma boule de cristal de m’avait rien dit. Vers les 2000 m nous atteignons les nuages, nous ne voyons plus rien, la seule visibilité, c’est le caillou qui se trouve à 1.50 m de nous. Je reste très concentré sur le sentier et les rubalises pour ne pas trop m’écarter mais la progression se fait moins vite que prévu. Arrivé vers le col (km 44), ça devient très pénible d’être dans ce brouillard, quand je pense à ces Bisounours qui vivaient dans les nuages et ça paraissait le paradis, pour moi c’est plutôt l’enfer. Pour rajouter un peu de difficultés, le vent du Nord et un petit crachin que seuls les bretons savent bien les faire vont nous accompagner tout le long de la nuit. C’est super ! J’avais peur que 166 km soit trop facile, là au moins ça rajoute un peu de piment (c’est de l’humour bien sur !).

La descente sur les Chapieux se fait sans problème, plus nous descendons plus les températures remontent. Vers les 1800 m, enfin nous laissons les nuages et la visibilité est un peu meilleure. J’en profite pour accélérer et essayer de tenir mes délais.
Au Chapieux (km 50), mon assistance de choc est là avec le sourire, Je profite de cet instant pour avaler 2 bols de soupes et des bananes, cela me donnera des forces pour la suite.

Les 50 premiers kilomètres se sont bien passés, mis à part ce passage dans les nuages. J’ai espoir qu’au col de la Seigne, ça sera différent, comme on bascule sur l’Italie, il doit il faire plus beau, c’est bien connu ! Arghhhh, toujours vers les 1800 m c’est la purée de petit pois qui nous attend mais version mister freeze. Je sentais bien le froid, mais têtu comme je suis ou peut être très con, je n’ai pas voulu mettre mon coupe vent. C’est vrai que perdre 5 min sur une course de 30 h ça ne vaut pas le coup ! (quand je vous dit que je peux être très bête !). Je monte à bonne allure, jusqu’à enfin arriver au sommet du col (km 61) où cette fois les bénévoles nous attendent avec la parka + le gros duvet sur les épaules. Dans ma tête, je me dis qu’il doit bien y faire froid. En effet, ils nous annoncent 5°C ressenti -1°C. Y’a 10 jours, on crevait de chaud avec des températures de 40°C et maintenant on tutoie le négatif, il faut que le corps soit solide. Je ne m’attarde pas sur le col, tellement pressé et qu’on n’y voyait pas à 1 m, le groupe avec qui j’étais se trompe de sentier. Le sentier que l’on croyait être était en réalité le début d’un ruisseau, heureusement l’erreur a vite était réparé. J’ai beau descendre, j’ai toujours cette sensation de froid.

Arrivé au ravitaillement du Lac Combal (km 65), je grelote, je n’arrive pas à me réchauffer, j’ai beau boire 2 soupes, ce n’est pas la grande forme. Cette fois, j’enfile vite mon coupe vent et repars de suite. Petit à petit la chaleur corporelle remonte un peu et lorsque j’attaque la montée à l’Arrête Mont Favre, je suis contraint à la quitter tellement j’ai chaud. La montée se fait dans de bonne condition, les nuages ont décidé de nous laisser tranquille. Je m’alimente toujours, les gels passent plutôt bien. A ce moment là, j’avais 30 min de retard sur mon temps à cause de la mauvaise visibilité dans la descente du col de la seigne, rien de bien méchant.

Au col Chécrouit (km 73), j’aperçois les lumières de Courmayeur, je pense que la descente va être assez simple, d’après le parcours de l’année dernière et mes repérages de cet été, la descente se fait sur une piste forestière bien carrossable. D’habitude j’aime bien les surprises, mais là la surprise du chef c’est une descente droit dans la pente, sur un sentier tout en dévers. Je m’aide des arbres pour me freiner dans cette descente infernale. J’y perds la moitié des cuisses et 1 ongle, elle m’aura laissé des traces, je n’ai qu’un mot à dire, celui qui a fait le tracé est un psychopathe !!!!!





J’arrive dans Courmayeur (km 78) bien cramé, heureusement mes accompagnateurs sont aux petits soins pour moi, Elodie me masse les jambes pendant que j’essaye d’avaler un peu de taboulé et mes parents m’encouragent. Eux aussi ont la forme, car ils n’ont rien dormi de la nuit et à 6h20 ils sont frais (c’est peut être la température extérieure qui les rend si frais ;-)

Après une pause d’1/4 heure, je repars sur les chemins, le jour se lève enfin et je vais pouvoir admirer les paysages. La montée sur Bertone est très raide mais je la monte à allure régulière. Au refuge Bertone (km 82), je ne suis pas très en forme, je suis un peu barbouillé, mon estomac a enclenché la touche Eject. Pour ne rien arranger, dans le val ferret, il y a un vent du nord qui nous gélifie sur place, au soleil il n’y a pas de souci par contre à l’ombre c’est la chambre froide. Je continu en courant sur 4 km et puis vlan revoilà des crampes d’estomac qui m’obligent à alterner marche et course, décidément mon ventre m’en veut de l’avoir laissé en plein froid pendant la nuit.

Arrivé au refuge Bonatti (km 90), je file vite au WC et essaye de manger un morceau pour reprendre des forces mais y’a rien à faire.
Je repars tranquillement espérant que ça va passer, heureusement sur cette portion, le parcours est très agréable avec une vue imprenable sur les Grandes Jorasses et le Mont Dolent. Au loin, j’aperçois le grand col Ferret qui est pris dans les nuages mais avant de le grimper, nous redescendons sur Arnuva (km 94).

La 1er moitié de la montée se fait à l’abri du vent, je monte sans trop de problème, la suite sera bien plus difficile. L’autre moitié se fera dans les nuages avec beaucoup de vent, je reprends froid au point de trembler, je m’arrête pour enfiler mon coupe vent et mes gants, au bout de 10 min, j’arrive enfin à me réchauffer. Au grand col Ferret (km 99), je ne m’attarde pas et redescend le plus vite possible sur la Suisse pour quitter ces satanés nuages. Je ne suis vraiment pas bien, j’ai les jambes en coton et toujours des crampes d’estomac. Avant d’arriver à la Fouly, enfin le soleil qui brille, j’en profite pour quitter mon coupe vent et mettre un t-shirt sec.




A la fouly (km 108) je m’arrête à nouveau au WC, je suis explosé, à force de me vider, je n’ai plus de jus. Je retrouve Elodie et mes Parents qui sont formidables, ils m’encouragent et me remotivent pour continuer. Je reste environ 20 min à ce ravitaillement pour me remettre d’aplomb mais je sais que la suite va être très difficile dans l’état où j’en suis. Mais ça fait trop longtemps que j’attends cette course pour abandonner à cause d’un mal de ventre.


De la Fouly (km 108) à Praz de fort (km 117), je me force à courir sur ce faux plat descendant, l’imodium pris à la Fouly fait son effet, les crampes d’estomac ont disparu. Pour ne pas alourdir mon estomac, je ne mange que vraiment quand mon corps en a besoin, je suis souvent à la limite, ça se ressent dans la montée sur Champex lac où j’ai l’impression d’être collé au sol et ce ne sera que le début.

A champex (km 123), j’ai qu’une envie c’est de tout arrêter et d’aller dormir, c’est la première fois que ça m’arrive se genre de chose mais j’étais épuisé ! Pour me remonter le moral, Elodie et mes Parents m’accompagnent sur quelques mètres, dans ma tête je me dis qu’il ne reste plus que 42 km et 2500 m de D+, c’est bien là le problème ce sont ces 2500 m de D+ qui me font peur, je ne sais pas si j’aurais l’énergie pour les grimper.
Sur le chemin, je récupère un compagnon de course qui se trouve dans la même galère que moi, nous faisons un bout de chemin ensemble en s’auto motivant et puis au pied de la montée de Bovine, il n’en peut plus, il s’arrête pour dormir un moment (je le retrouverais sur la fin du parcours). Dans la montée de Bovine, je rattrape un coureur qui n’a pas l’air d’être au mieux lui aussi, je discute un moment avec lui et j’appends que c’est Mohamad Ahansal, un coureur marocain qui a gagné plusieurs fois le marathon des sables, autant dire que c’est un crack. Je suis impressionné par ce coureur, d’ordinaire lorsque ces gens ne jouent plus la gagne, ils abandonnent alors que lui voulais aller au bout de cette aventure même si cette fois il n’était pas dans les 10 premiers.

La montée de bovine est une succession de gros bloc à enjamber, je n’avance plus, je perds énormément de temps mais physiquement je suis au max. J’essaye de rattraper un peu de temps dans la descente sur Trient, j’arrive à bien descendre mais sur la fin j’ai les jambes en feu. Je n’en peux plus.
Dans ces moment là, de forte fatigue, ce qui vous rend le plus heureux c’est quand on retrouve ceux qu’on aime. Ils sont là. Ils m’attendent, ils marchent avec moi jusqu’au ravitaillement. C’est merveilleux. Le temps d’un instant, toutes les douleurs et la fatigue disparaissent.




A trient (km 138) je ne suis plus que l’ombre de moi-même, je comprends ce que je sais déjà. A cause de cette gastro et à force de ne pas m’alimenter assez, je n’ai plus d’énergie. Mais pourtant, la vague de mes pas revient sans cesse. Je suis heureux d’y avancer quand même. Même lentement. Même très lentement. Je suis un pèlerin de l’incertitude.

A la frontière Franco suisse (km 145), la nuit commence à tomber, mon ombre disparaît petit à petit, c’est reparti pour une 2e nuit. Me revoilà plongé dans l’obscurité avec comme seule lumière ma frontale. Pendant ces moments de solitude et de grosse fatigue, la réflexion : A quoi je sers ? Cette satanée question métaphysique revient sans cesse. Je passe mon énergie à courir autour d’une montagne, à rivaliser avec de lourdes et intrépides aiguilles, quand les trois quart de l’humanité lutte pour se nourrir, avoir le droit de s’exprimer ou de vivre en paix. Peut être que je ne sers à rien. Et pour la première fois de ma vie, cette pensée me ravit. Aujourd’hui est à toi, profites-en.

A Vallorcine (km 148), je sais que maintenant quoi qu’il arrive j’arriverais au bout de mon rêve. Je ne m’attarde pas longtemps même si je voudrais rester plus longtemps avec Elodie. Je repars pour la dernière montée de la journée qui s’avère êtres très (trop) longue pour mon état physique actuel. Tous les 20 m je m’arrête, je me fais doubler par paquet de 3 coureurs qui m’encouragent à les suivre. Le mental le voudrait mais le physique est à plat, plus de batterie. Quand je regarde ma montre, j’ai l’impression d’être passé dans un trou temporelle, je pensais que ça ne faisait qu’une heure que je grimpais alors qu’en réalité ça faisait déjà 2h15 !

Je bascule enfin sur la vallée de Chamonix, je ne tiens plus sur mes jambes, à chaque caillou, je butte dessus et ce sont mes bâtons qui me retiennent d’une chute certaine. Dans la descente, je rattrape un coureur avec qui nous terminerons la course ensemble. Nous voyons enfin le bout du tunnel, les lumières de Chamonix nous sortent de notre trip de 31 h autour de ce Mont-Blanc, je retrouve un semblant d’énergie pour finir en courant. A l’approche de l’arche d’arrivée, je retrouve ceux que j’aime, je suis l’homme le plus heureux, j’en ai la tête qui tourne, je suis dans un autre monde, dans mon monde à moi, j’ai des milliards d’image qui défilent devant les yeux, je n’ai qu’un souhait, c’est que ce moment ne se termine jamais !






Pour ceux qui aiment les chiffres :

Course de 166 km
Dénivelé cumulé positif de 9500 m
Temps de course 31 h 32 min
Classement : 115e sur 2400 partants (1350 arrivants)
Calorie perdu sur la course : 14 500 cals
Poids perdu sur la course : 2.6 kg
Tendinite à chaque genou
5 ongles de pied perdus dans la bataille
Alimentation pendant la course : 17 gels, 10 bols de soupe de pates, 100 g de taboulé, 6 à 8 bananes, 3 barres de céréale, une dizaine de tranche de saucisson, 10 L de boisson énergétique, 2 L d’eau et 2 L de Coca




mardi 1 septembre 2009

Retour de CHAMONIX

Un petit coucou vite fait avant un gros CR pour vous dire que je suis super heureux d’avoir bouclé cet UTMB. Elle m’aura vidé, dépouillé, c’est la 1ere fois que je ressens une fatigue si extrême. Ca c’est moins bien passé que l’an passé sur le Grand Raid des Pyrénées. Sur ce genre d’épreuve le moindre petit grain sable (une petite ampoule, une petite fringale ou un coup de froid) peut vous rendre la course dantesque.
Cette année, il a fait très froid sur les hauteurs avec un brouillard épais et un vent du nord faisant tomber les températures vers les 3°C. Sur le moment, en courant je ne ressentais pas trop le froid à part quand je m’arrêtais pour les ravitaillements mais erreur de stratégie, j’aurai du enfiler mon coupe vent pour éviter ce coup de froid intestinale. Vous devinez la suite, au petit matin je me vidais comme un canard à chaque refuge que je traversais. A partir de la Fouly (km 106) je n’avais plus de jus, heureusement qu’Elodie et mes Parents étaient là pour m’encourager et me motiver à continuer, sans eux j’aurais surement jeté l’éponge. J’ai fais les 60 derniers kilomètres dans un état d’épuisement que je ne souhaite à personne, heureusement que j’avais les bâtons pour me retenir car le nombre de fois que j’ai tapé une pierre à cause de ma foulé trop rasante. Après plusieurs heures de galères, j’aperçois enfin les lumières de Chamonix, cela me redonne un peu d’énergie pour finir en courant. Je suis tellement heureux de voir Elodie sur la ligne d’arrivée que j’en ai la tête qui tourne, je suis dans un autre monde, dans mon monde à moi, j’ai des milliards d’image qui défilent devant les yeux, je n’ai qu’un souhait, c’est que ce moment ne se termine jamais !

Le dimanche matin, le réveil fut très douloureux avec des pieds gonflés, 5 ongles qui vont sauter sous peu et une tendinite à chaque genou. C’est la première fois que je force autan et que je fini dans un état si pitoyable mais ça n’a pas de prix, j’ai réalisé un rêve qui me tenait à cœur depuis 5 ans et je ne suis pas déçu de la magie de cette course.

vendredi 21 août 2009

Suivi UTMB - temps de passages

Pour ceux qui veulent me suivre à distance, voici mes temps de passages que j’espère tenir sur les 166 km. Le but 1er sera de terminer la course, si je suis en bonne forme et que la météo est clémente, je vais essayer de finir en 27H.

Points--------------------------------Heure pass.-------------------Temps course

La Charme------------------------------v-20:24-------------------------01:54
Saint Gervais--------------------------v-21:07-------------------------02:37
Les Contamines-------------------------v-22:25-------------------------03:55
La Balme-------------------------------v-23:36-------------------------05:06
Refuge Croix du Bonhomme---------------s-00:54-------------------------06:24
Les Chapieux---------------------------s-01:30-------------------------07:01
Col de la Seigne-----------------------s-03:16-------------------------08:46
Lac Combal-----------------------------s-03:44-------------------------09:14
Arête Mont-Favre-----------------------s-04:32-------------------------10:03
Col Chécruit---------------------------s-05:02-------------------------10:32
Courmayeur-----------------------------s-05:37-------------------------11:07
Refuge Bertone-------------------------s-07:00-------------------------12:30
Refuge Bonatti-------------------------s-08:10-------------------------13:40
Arnuva---------------------------------s-08:50-------------------------14:20
Grand Col Ferret-----------------------s-10:00-------------------------15:30
La Fouly-------------------------------s-11:07-------------------------16:37
Champex lac----------------------------s-13:14-------------------------18:44
Bovine---------------------------------s-15:10-------------------------20:40
Trient---------------------------------s-16:04-------------------------21:34
Catogne--------------------------------s-17:26-------------------------22:56
Vallorcine-----------------------------s-18:12-------------------------23:42
La tête au vent------------------------s-19:59-------------------------25:29
La flégère-----------------------------s-20:29-------------------------25:59
Chamonix – Arrivée---------------------s-21:30-------------------------27:00

Pour me suivre en direct, voir le site UTMB : http://www.ultratrailmb.com/
Il y aura un suivi sur chaque point de passages que j’ai donné au dessus. Mon N° de dossard est le 2427