C’est une journée bien réussie, mieux que je ne l’espérais !
Pourtant lorsque je m’aligne sur la ligne de départ, je n’y ai vraiment pas le gout. Malgré un coup de téléphone de ma Chérie à 5 h 30 du matin (je l’adore ma petite Elodie car il faut vraiment être amoureuse pour s’obliger à se réveiller et encourager son homme. Encore un énorme merci !) pour me souhaiter bonne chance.
Avant le départ, je rencontre un ami UFO – Patrick Raillère alias Patrak. Je me sens un peu moins seul dans cette grande salle polyvalente.
A 6h00, la meute est lâchée, tout de suite 2 coureurs (Eric Féminier et Patrick Boinon) se détachent du peloton. Patrick Raillère me semble en forme contrairement à moi qui ne suis pas très motivé. Je le laisse partir dès les 1eres montées, mes jambes sont très lourdes et j’ai le talon qui me fait un peu mal. Arrivé au 1er ravitaillement (km 10), je prends le temps de remplir ma poche à eau et de repartir tranquillement. J’essaye de moins penser à mon talon mais voila que nous attaquons la 1ere grande descente de la journée en direction de Vaugneray. Je ne cours pas comme d’habitude, j’essaye de m’appuyer le moins possible sur mon talon droit et à force d’être focalisé sur celui-ci, par manque de concentration, je me prends les pieds sur une pierre et je tombe violemment sur le coté gauche, juste le temps de me rattraper sur la main pour amortir la chute. Bilan de cette connerie, 1 cm² de peau arraché à la main gauche et une grosse douleur au genou droit.
Ca commence bien, seulement 17 km de fait et j’ai la main en sang et le genou qui a du mal à se plier. Un coureur (Frédéric Jouban) me double et me demande si tout va bien. Je lui dit un oui un peu hésitant mais dans ma tête rien ne va et j’ai qu’une envie, c’est de tout arrêter là, ce n’était pas mon jour. Pendant 3 km, on continu de descendre dans ces bois et petit à petit les douleurs passent même celle du talon. Dans le village de Vaugneray, je croise 2 bénévoles à qui je demande des mouchoirs pour essuyer ma main, le bénévole prend un peu peur mais je le rassure vite sur l’étendue de mon bobo.
La suite sera une grosse côte à grimper, je retrouve des couleurs et enfin j’ai de bonnes sensations dans les jambes. J’arrive à faire la montée quasiment tout en courant. Je récupère 2 coureurs dont Frédéric Jouban avec qui je vais faire la course jusqu’à St Symphorien sur Coize. Ce n’est qu’une succession de grosses bosses en sous bois avec des passages dans des nappes de brouillard, Je me régal de tous ces paysages !
Nous voila déjà au 2e ravitaillement au kilomètre 32, je suis 7e. Je revois au loin Patrick Raillère qui repart déjà du ravitaillement. Je ne moisi pas et essaye de le récupérer. Je vais bien mettre 5 bons kilomètres pour me rapprocher de lui et dans une descente assez technique, j’arrive enfin à son niveau. Je vois qu’il n’est pas au meilleur de sa forme. Nous somme maintenant 4 à courir ensemble, chacun essaye de tenir le rythme mais dans les grosses montées, je préfère laisser partir tout en gardant dans le viseur Frédérique Jouban et un autre coureur qui me parait frais comme un gardon.
Je continu mon chemin avec Patrick jusqu’au 3e ravitaillement (km 45). Nous quittons la forêt pour laisser place aux prairies, aux arbres fruitiers et autres cultures. Je m’aperçois que je lâche Patrick dans les côtes et que j’arrive à reprendre du terrain sur Frédérique Jouban.
A l’arrivé du 4e ravitaillement (62 km) à St Symphorien sur Coise, je commence à accuser le coup, je puise dans mes réserves et j’ai des cuisses de grand-mère (pas avec des varices mais des jambes bien raides). Je ne m’arrête pas trop longtemps sinon, je n’arriverai plus à plier mon genou s’il je le laisse refroidir. Cela me permet de passer de la 7e à la 5e place mais le 6e est sur mes talons avec des supporters (sa femme et ces enfants) qui peuvent faire la différence dans ces moments difficiles. En parlant de supporters, mes parents m’appellent sur le portable pour me dire qu’ils seront à Larajasse pour m’encourager. En voila une bonne nouvelle, surtout que c’est de plus en plus dure. Je continu toujours à courir mais les kilomètres défilent un peu moins vite que ce matin. Heureusement la vue est magnifique et me permet de moins penser à mon corps qui pèse des tonnes. A chaque croisement, les bénévoles me disent que je suis bien, je parais moins explosé que les 4 premiers. Je cache la vérité avec mon sourire mais intérieurement ça commence à faire mal, j’ai un matelas d’ampoule à chaque pied, les cuisses en feu mais aucune crampe à l’horizon. Au 72e kilomètres, nous passons le point culminant du parcours avec un vent de face qui finit de m’achever et m’oblige à marcher sur ce faux plats montant.
Au 5e ravitaillement (km 76), je suis toujours 5e mais le 6e est juste derrière. Je me ravitaille bien, mes parents me remplissent la poche à eau et repart en marchant. Je me fais doubler par le 6e – Olivier Favre mais tant pis, je n’ai pas le courage de l’accrocher. Au bout de 5 min, je retrouve un semblant de force et me remet à courir, Je récupère un coureur qui à l’air d’être complètement cuit. Par contre moi je retrouve un peu d’énergie, dans la descente sous Ste Catherine, j’arrive à récupérer Patrick Boinon et passe 4e. La descente est infernale et interminable, j’ai les jambes explosées, le talon qui commence à se faire sentir et je demande qu’une chose, c’est de finir au plus vite. Arrivé au fond du trou, je lève la tête et j’aperçois le Clocher de St Catherine au dessus de ma tête, je suis anéanti par la côte qu’il nous reste à faire pour y arriver. Le chemin monte tout droit, sans virage pour se reprendre et on finit par un mono trace à travers les orties que les coureurs du 44 km ont eu la gentillesse de ratatiner. Après 15 min d’effort et des mollets complètement tétanisés, je traverse le village Ste Catherine où je croise mes parents qui m’encouragent. La suite sera un peu moins violente avec encore une belle bosse à grimper pour sortir du village et ensuite c’est du faux plat montant.
6e ravitaillement (km 94), j’ai l’impression que mes jambes vont explosées et la fatigue est de plus en plus présente. Je me fais une raison, il ne reste plus que 8 km, je mets le cerveau sur pause et j’avance en pilote automatique. Encore des bosses à passer et enfin le clocher de St Martin en Haut se découvre. Un dernier virage, mes parents et des amis m’attendent et voila je passe la ligne d’arrivée en 11 h 11 et 4e.
C’est une course magnifique à travers la campagne et forêt des monts du lyonnais, je la conseille pour tous les amoureux d’endroit bucolique. Il faut quand même un minimum d’entrainement car les 4000 m de D+ y sont bien !
Encore un grand merci à l’organisation et aux bénévoles sans qui cette course n’aurait pas lieu et ça serait bien dommage.
Je posterai des photos la semaine prochaine